Santé & sécurité au travail

Forte chaleur et canicule : les obligations de l'employeur

Depuis 2025, le code du travail encadre explicitement l'exposition à la chaleur. Seuils d'alerte, adaptation de l'organisation, eau, DUERP : ce que vous devez mettre en place.

4 novembre 20248 min de lecturePar Davy LoonesMis à jour le 31/07/2026
Sommaire
  1. 01Ce que dit la réglementation
  2. 02Inscrire la chaleur dans le document unique
  3. 03Reconnaître les signaux d'alerte
  4. 04Le rôle du CSE et de la CSSCT
  5. 05Questions fréquentes
  6. 06Se former dans les Hauts-de-France

Les épisodes de forte chaleur ne sont plus des événements exceptionnels : ils s'installent chaque été, y compris dans les Hauts-de-France. Pour l'employeur, la chaleur n'est pas un aléa météo, c'est un risque professionnel à intégrer au même titre que le bruit ou la manutention.

Ce que dit la réglementation

L'obligation générale de sécurité de l'article L.4121-1 du code du travail impose à l'employeur de prendre les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des travailleurs. Depuis le renforcement réglementaire intervenu en 2025, la chaleur fait l'objet de dispositions dédiées : évaluation obligatoire du risque, mesures d'adaptation graduées selon les niveaux de vigilance météorologique et information des salariés.

Quelques repères pratiques qui structurent l'action :

  • mise à disposition d'eau potable et fraîche en quantité suffisante, en tout lieu de travail ;
  • aménagement des postes et des locaux (ventilation, zones ombragées, points de rafraîchissement) ;
  • adaptation de l'organisation : horaires décalés, rotation des équipes, pauses supplémentaires, report des tâches les plus physiques ;
  • vigilance renforcée pour le travail isolé, les chantiers extérieurs, la logistique et les ateliers chauds.

Inscrire la chaleur dans le document unique

Le risque thermique doit apparaître dans le document unique d'évaluation des risques, unité de travail par unité de travail : durée d'exposition, effort physique, port d'EPI imperméables, exposition solaire directe, possibilité de se mettre à l'abri. C'est cette évaluation qui justifie ensuite les mesures retenues et leur déclenchement.

Un plan d'action chaleur efficace tient en une page : qui surveille les niveaux de vigilance, quelles mesures s'appliquent à chaque niveau, qui décide d'arrêter une tâche, comment l'information circule vers les équipes et les intérimaires. Notre article sur le changement climatique comme risque professionnel détaille la logique d'anticipation sur l'année.

Reconnaître les signaux d'alerte

Crampes, maux de tête, nausées, peau sèche et brûlante, confusion : le coup de chaleur est une urgence vitale. La présence de sauveteurs secouristes du travail formés et à jour de leur recyclage change radicalement la qualité de la première intervention. Les consignes doivent être connues de tous : mettre à l'abri, refroidir, alerter le 15, ne jamais laisser seule une personne victime d'un malaise thermique.

Le rôle du CSE et de la CSSCT

Les élus disposent d'un droit d'alerte et peuvent demander l'inscription du sujet à l'ordre du jour, réaliser des inspections en période de forte chaleur et proposer des adaptations concrètes. Une formation SSCT donne aux élus la méthode d'analyse et le vocabulaire réglementaire pour peser utilement sur les décisions.

Questions fréquentes

Existe-t-il une température maximale de travail légale ?

Le code du travail ne fixe pas de seuil unique d'arrêt d'activité applicable à toutes les situations. Il impose en revanche d'évaluer le risque et de prendre des mesures adaptées, ce qui peut aller jusqu'à la suspension de certaines tâches. Sur les chantiers du BTP, des dispositifs spécifiques d'arrêt pour intempéries existent.

Un salarié peut-il exercer son droit de retrait en cas de canicule ?

Oui, si la situation présente pour lui un danger grave et imminent, par exemple un travail physique en plein soleil sans possibilité de se rafraîchir ni de s'hydrater. Le droit de retrait s'apprécie au cas par cas et suppose que le salarié alerte l'employeur.

Faut-il former les équipes spécifiquement ?

L'information sur les gestes de prévention (hydratation, repérage des signes d'alerte, alerte des secours) est indispensable chaque année avant la saison. Elle se combine utilement avec le maintien des compétences des SST et une révision du DUERP. Consultez nos prochaines dates pour anticiper.

Se former dans les Hauts-de-France

Nous organisons la formation SST initiale, le MAC SST, la formation de formateur SST et l'utilisation du défibrillateur, en intra dans vos locaux comme en sessions interentreprises.

Détail par ville : formation SST à Saint-Omer, à Lille, à Dunkerque, à Calais, à Béthune, à Hazebrouck et à Wormhout. Voir nos prochaines dates ou nous contacter.

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